Une larve dévoreuse de plastique suscite l'espoir pour dépolluer l'environnement.

20 mai 2017 - 239 vues

C'est tout à fait par hasard que des chercheurs se sont rendus compte que les larves de la fausse teigne (Galleria mellonella) sont capables de digérer le polyéthylène, un polymère très courant qui rentre dans la composition de nombreux emballages plastiques. Il se pourrait que ces petites bêtes, en dévorant nos déchets, deviennent une arme redoutable contre la pollution de l'environnement.

Les larves de fausse teigne sont redoutées des apiculteurs car elles se nourrissent de la cire fabriquée par les abeilles pour leur survie. En "général, les abeilles savent se défendre contre la fausse teigne, mais si la colonie est affaiblie (famine, frelons, maladies, conditions climatiques...), elle prolifère. Elle ne laisse alors aucune chance de survie à la colonie qui voit son environnement détruit." (Maladies des Abeilles, Samuel Boucher, Ed. France Agricole).
C'est ce qui explique le geste de Federica Bertocchini, scientifique et apicultrice amateur qui a retiré des larves de fausse teigne des rayons de ses ruches. Or, quelque temps après avoir déposé provisoirement les larves dans un sac en plastique classique, elle s'est aperçue que celui-ci était percé de trous.

Intriguée, Mme Bertocchini, de l'Institut de biomédecine et de biotechnologie de Cantabrie (CSIC), en Espagne, a collaboré avec des collègues du Département de biochimie de l'Université de Cambridge pour étudier ce phénomène via une expérience chronométrée. Une centaine de vers de fausse teigne ont été ainsi exposés à un sac en plastique classique provenant d'un supermarché britannique. Au bout de 40 minutes, des trous avaient commencé à apparaître, et au bout de 12 heures, le poids du plastique du sac avait déjà diminué de 92 mg (environ 1/50e de son poids originel).

Dans leur article publié dans la revue "Current Biology", les chercheurs indiquent que cette vitesse de dégradation est largement supérieure à celle obtenue dans le cadre d'autres découvertes récentes, notamment à l'aide d'une bactérie dont on a découvert l'an passé qu'elle était capable de dégrader biologiquement certains plastiques à une vitesse d'à peine 0,13 mg par jour.

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